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  • M.C. | En Privé

Crise mondiale sanitaire, économique et financière...et après ?

L'état des lieux


Le Covid-19 sévit dans 120 pays actuellement. Les principaux foyers sont la Chine (70% des cas), l'Italie, l'Iran, la Corée du Sud, l'Espagne, la France, l'Allemagne et les États-Unis. Voici l'état des lieux. Mesures de confinement obligent, il ne faut plus prendre les choses à la légère.


Une personne atteinte du coronavirus contamine en moyenne 2,5 individus qui infecteront eux-mêmes 2,5 autres personnes après 5 jours (temps d’incubation médian) soit 244 personnes contaminées en un mois. Si l'on arrive à faire baisser ce taux de contamination à 1,25, on ne recense plus que 4 nouvelles contaminations à la fin du mois. On décharge ainsi les établissements hospitaliers, les services de réanimation, et on redonne un souffle au corps médical. Donc l'urgence est immédiate.

Stay Safe, Stay Home.


Calcul & source : London School of Hygiene


L'impact économique


L'effort des politiques a aussi pour but d'éviter que la crise sanitaire débouche sur une crise économique et financière profonde et durable. A ce sujet, trois points à surveiller :


- LE SOUTIEN MONÉTAIRE des banques centrales permettra d'éviter un nouveau "Credit Crunch". L'objectif est de pallier les faillites en cascade des PME qui auront connu un accident de chiffre d'affaires, ou qui auront dû solliciter un surcroît de dette suite à l'épidémie.


- LE SOUTIEN BUDGÉTAIRE des gouvernements grâce à l'étalement des créances ou le recours au chômage partiel déjà annoncé par le gouvernement français.


- LA CONFIANCE des ménages et son impact sur la consommation. Le contexte anxiogène a déjà provoqué des mouvements de panique et une envolée des achats de produits de première nécessité. Les nouvelles (bonnes ou mauvaises) sur une sortie de la crise sanitaire seront décisives. L'occasion aussi de repenser notre modèle de développement et (dé)consommation comme l'a souligné Emmanuel MACRON dans son allocution de Jeudi dernier.


Dans ces conditions, Thierry Breton, Commissaire européen au Marché Intérieur, annonce que le coronavirus devrait faire entrer l'UE en récession (-1%) en 2020 (vs +1,4 % attendus auparavant). Les ministres des finances des 27 pays membres de l'UE ont également annoncé que les États mettraient collectivement sur la table 1 % de PIB européen dans les mesures de sauvetage. L'exécutif français prépare à son tour un plan de sauvetage économique à hauteur de 45 milliards d'euros, et 300 milliards d'euros de garantie de l'Etat sur les prêts bancaires aux entreprises.


Donc à la différence de 2008 où les États ont attendu 3 ou 4 ans avant d'entrer dans un cycle d'injection massive de liquidités et de relance budgétaire - "le Quantitative Easing" - cette fois, les pays occidentaux touchés par le virus ont tout de suite ouvert les vannes du crédit et du soutien direct à l'économie.


Plus concrètement, appuyés par les banques centrales qui rachèteront les dettes d'État dont les déficits vont exploser, les gouvernements vont injecter plus d'argent dans l'économie pour atténuer les difficultés économiques et sociales des entreprises et des particuliers : C'est l'"Helicopter Money" ! Une politique monétaire consistant, pour une banque centrale, à créer de la monnaie et la distribuer directement aux citoyens, à la manière d'un dividende citoyen. Les banques centrales financent les États et les banques commerciales. Les États financent les entreprises et vont distribuer de l'argent aux particuliers. Cette politique baptisée aussi le "quantitative easing for the people" aurait pour visée de relancer la demande après la crise et favoriser la reprise économique.


Focus sur les marchés financiers


Nouvelle baisse des bourses mondiales hier malgré la décision surprise de la FED de baisser ses taux directeurs d’encore 1 point (s'ajoutant au 1/2 point de baisse, décidé le 3 mars dernier sans la moindre coordination internationale) - ils seront désormais compris entre 0 % et 0,25 %. Nous sommes dans un scénario de décrochage historique des indices mais limité dans le temps...


INDICES BOURSIERS - SÉANCE DU 16 MARS 2020

VAR/ 1Janv

CAC 40 3881.46 -5.75% -34.36%

EUROSTOXX 50 2450.37 -5.25% -34.94%

FTSE 100 5151.08 -4.01% -30.49%

DAX 8740.75 -5.32% -32.36%

AEX 25 416.77 -3.71% -29.30%

BEL 20 2535.58 -7.22% -36.33%


DOW JONES 20188.52 -12.93% -27.18%

NASDAQ 6904.59 -12.32% -19.47%

NIKKEI 17002.04 0.00% -28.09%

SHANGHAI C 2789.25 -0.34% -8.87%


L'indicateur de volatilité, le Volatility Index « VIX », basé sur l'indice S&P 500 de 500 valeurs vedettes aux États-Unis, reste sur des niveaux « jamais vus » depuis la crise de 2008, preuve que les marchés sont dans la tempête. Le VIX quantifie le niveau de nervosité des opérateurs sur le S&P 500, c’est-à-dire les écarts de cours par rapport à la moyenne des écarts de cours historiques. Plus il y a de variations erratiques dans un sens ou dans l’autre, plus le VIX est élevé. Un indice de la peur qui se trouve être la seule ligne verte dans un océan de rouge...on comprend vite alors qu'elle est en fait une bonne nouvelle pour personne.


Alors étant donné que l'économie est à l'arrêt, et que les entreprises n'ont plus aucune visibilité sur leur business, on s'interroge sur l'intérêt de maintenir les bourses ouvertes. Elles ne répondent plus à leur mission première qui est de trouver le juste prix des actifs en fonction de l'évolution économique. Ce qui est certain pour les investisseurs, c'est qu'il ne faudra pas passer à côté du rebond économique pour saisir les opportunités de revalorisations dans les prochaines semaines.


Et l'immobilier...?


Il faut rappeler que la chute des cours boursiers n'a pas en elle-même d'influence sur les rendements immobiliers. Historiquement, les grandes crises boursières n'ont pas conduit de baisse de rendements des SCPI notamment. D'ailleurs, lorsqu'elles ont connu une crise de liquidité dans les années 90 c'était en phase de reprise boursière. En 2008, les valeurs de parts de SCPI ont connu une baisse de 5%, rattrapée depuis mais les rendements des SCPI n'ont pas fléchi. Il n'y a donc pas lieu d'anticiper de façon mécanique une répercussion des performances boursières sur les performances immobilières.


S'il y a un impact sur les marchés immobiliers, c'est donc via l'économie réelle qu'il va se manifester. Il semble par exemple raisonnable d’anticiper une baisse forte de l’investissement immobilier au premier semestre 2020, du fait de l’incertitude des investisseurs institutionnels.


De plus, il semble probable que la crise du Coronavirus aura pour conséquence de pérenniser encore l’environnement de taux bas. Christine Lagarde devrai